Animaux dangereux en Polynésie française : ce qu'il faut vraiment savoir
- Info Tahiti
- 3 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 juil.
La Polynésie française n'est pas l'Amazonie ni l'Australie. Il n'y a pas de serpents, pas de crocodiles, pas de méduses mortelles en masse sur les plages. Mais il y a quand même quelques animaux auxquels il vaut mieux faire attention et quelques idées reçues à dissiper, notamment sur les requins. Voici un guide complet et honnête pour voyager sereinement.

Requins en Polynésie française : dangereux ou pas ?
Oui, il y a des requins en Polynésie. Non, ils ne sont pas dangereux pour un snorkeleur ou un nageur ordinaire. Voici la réalité.
Le requin le plus souvent rencontré est lerequin à pointe noire (Carcharhinus melanopterus). Ce requin de lagon, facilement reconnaissable à ses nageoires bordées de noir, mesure 1,50 m en moyenne et est totalement inoffensif. Il fuit au contact de l'humain et évite les zones de baignade animées. Vous en verrez probablement en snorkelant à Moorea, Bora Bora ou dans les Tuamotu c'est une rencontre, pas un danger.
Lerequin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos), plus grand (2 à 2,5 m), est présent dans les passes et les zones de courant. Il peut être plus curieux, mais les accidents restent extrêmement rares. Ne plongez pas en chasse sous-marine en sa présence, ne portez pas de bijoux brillants, et ne vous agitez pas inutilement.
Lerequin tigre et le requin bouledogueexistent en Polynésie mais vivent en eau profonde, loin des zones de loisirs. Les incidents les impliquant (quasi inexistants) concernent exclusivement des pêcheurs en pleine mer ou des surfeurs à l'aube dans des zones isolées.
En résumé :les requins de Polynésie sont des animaux sauvages qui méritent le respect et la prudence pas la terreur. Des milliers de snorkeleurs et plongeurs les côtoient chaque année sans le moindre incident.
Les oursins : l'ennemi silencieux
Les oursins sont le véritable risque numéro 1 pour les voyageurs en Polynésie. Noirs, parfois difficiles à voir sur le fond sombre du récif, leurs piquants se brisent dans la peau et peuvent provoquer des douleurs intenses et des infections. Ils se trouvent principalement sur les récifs coralliens à faible profondeur exactement là où les snorkeleurs et les baigneurs marchent.
Comment s'en protéger :portez des chaussons néoprène ou des chaussures d'eau dès que vous marchez sur un récif. En snorkeling, restez en eau suffisamment profonde pour ne pas toucher le fond avec les mains ou les genoux.
En cas de piqûre :ne retirez pas les piquants avec une pince ils se cassent et restent dans la peau. Plongez la zone dans de l'eau très chaude (aussi chaude que supportable) pendant 20-30 minutes pour ramollir les piquants. Consultez un médecin si la douleur persiste ou si la zone enfle.
La rascasse et le poisson-pierre : le danger camouflé
Lepoisson-pierre (Synanceia verrucosa)est l'animal le plus dangereux de Polynésie. Parfaitement camouflé dans les rochers et le sable du lagon, on peut facilement marcher dessus sans le voir. Ses piquants dorsaux injectent un venin extrêmement douloureux, parfois fatal sans traitement.
Les piqûres de poisson-pierre restent rares mais existent. La prévention : ne marchez jamais pieds nus sur un récif ou dans les zones rocheuses du lagon. Les chaussons néoprène sont votre meilleure protection.
Larascasse (Scorpaenopsis)est plus commune et moins dangereuse, mais ses piquants dorsaux font très mal. Même comportement camouflé, même prévention.
Les nonos : les invisibles aux Tuamotu
Lesnonossont des moucherons de sable (Culicoides) quasi invisibles à l'œil nu. Ils sont particulièrement présents sur les atolls des Tuamotu, surtout en fin de journée et le matin tôt. Leurs piqûres sont douloureuses et provoquent des démangeaisons intenses qui peuvent durer plusieurs jours certaines personnes réagissent beaucoup plus fortement que d'autres.
Le répulsif classique à base de DEET n'est pas très efficace contre les nonos. Préférez les produits spécifiques à base de picaridine ou de lémongrass. Sur les atolls, couvrez vos chevilles et vos pieds en soirée.
Les moustiques et la dengue
Les moustiques (Aedes) sont présents en Polynésie, principalement en saison humide (novembre à avril). Ils sont vecteurs de ladengue, qui peut provoquer des fièvres importantes et des douleurs articulaires sévères. Des épidémies de dengue surviennent régulièrement en Polynésie française.
Il n'existe pas de vaccin contre la dengue. La prévention passe par la protection contre les moustiques : répulsif contenant du DEET, vêtements couvrants en soirée, moustiquaire si votre hébergement est ventilé naturellement. En saison humide, la protection anti-moustiques est sérieuse pas optionnelle.
Les méduses
Les méduses urticantes existent en Polynésie mais ne représentent pas un danger majeur. Des proliférations saisonnières peuvent survenir dans certains lagons après de fortes pluies. En cas de contact, rincez à l'eau de mer (jamais d'eau douce), retirez les tentacules avec un objet rigide (jamais avec les doigts nus) et appliquez du vinaigre.
La cigüatera : le risque du poisson local
Lacigüateraest une intoxication alimentaire provoquée par la consommation de certains poissons de récif contaminés par une micro-algue toxique (Gambierdiscus toxicus). Les symptômes sont neurologiques et peuvent durer plusieurs mois. Les poissons à risque sont principalement les gros prédateurs de récif : mérou, barracuda, carangue.
Les poissons pélagiques (thon, mahi-mahi, espadon) ne sont pas concernés. Dans les restaurants et chez les pensions de famille, le risque est très faible les locaux connaissent les zones et les espèces à risque. Ce risque concerne davantage les pêcheurs qui consomment leur propre prise.
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